Apprendre l’anglais quand on manque de temps : ce que j’ai appris de Marie Kondo
Pourquoi faire de la place dans son agenda est souvent plus important que trouver la bonne méthode.
En 2014, lors d’un séjour en Angleterre, j’ai acheté le premier livre de Marie Kondo.
À l’époque, je m’intéressais déjà à l’organisation et au rangement, mais ce livre a profondément changé ma façon de voir les objets qui m’entourent.
Parmi les nombreuses idées développées par Marie Kondo, il y en a une qui m’a particulièrement marquée : lorsqu’on fait entrer un nouvel objet dans sa maison, cela implique souvent, que l’on se débarrasse d’un autre objet – peut-être similaire – pour faire de la place au nouvel objet.
Avec le temps, j’ai réalisé que ce principe s’appliquait à bien d’autres choses que les objets. Chaque fois que nous souhaitons faire entrer quelque chose de nouveau dans notre vie, nous devons lui faire une place.
Il s’applique également à de nombreux projets que nous souhaitons intégrer à notre vie :
- une nouvelle activité sportive ;
- un projet personnel ;
- une habitude à développer ;
- ou encore l’apprentissage d’une langue étrangère.
L’arrivée d’un nouvel objet
Lorsqu’on souhaite acheter un objet, tout commence par une envie. On pense que cet objet va nous être utile, nous apporter du plaisir ou nous simplifier la vie.
Puis vient la phase de recherche. On compare différentes options, on regarde les prix, les caractéristiques et parfois, les avis. On se demande si c’est le bon choix et le bon moment pour passer à l’achat.
Puis vient le moment de la décision et l’objet entre enfin dans notre maison. Mais l’histoire ne s’arrête pas là.
Pour que l’objet soit réellement utile, il faut lui trouver une place. Un objet de décoration doit être visible pour être apprécié. Un objet pratique doit être facilement accessible pour être utilisé car si on le range dans un placard ou au fond d’une cave, il y a de fortes chances qu’on l’oublie.Et lorsqu’on oublie un objet, on oublie aussi pourquoi on l’avait acheté.
Apprendre une langue suit le même chemin
Imagine maintenant que depuis quelque temps tu souhaites améliorer ton anglais.
Tu aimerais peut-être :
- voyager la tête légère ;
- communiquer plus facilement au travail ;
- comprendre tes séries préférées sans sous-titres ;
- ou discuter avec des personnes du monde entier.
Comme pour un achat important, tu commences par chercher la meilleure solution. Tu compares différentes méthodes, lis des avis, regardes des vidéos ou recherches des informations sur Internet.
Tu demandes peut-être même conseil à ton entourage, car tu cherches une personne, une méthode ou un accompagnement qui pourra réellement t’aider à atteindre ton objectif.
Puis un jour, tu te lances. Tu choisis une méthode, un livre, une formation ou un accompagnement et tu décides enfin de passer à l’action.
Le vrai défi commence souvent après l’inscription
Beaucoup de personnes pensent que le plus difficile est de trouver la bonne méthode, mais en réalité, le plus difficile est souvent de lui faire une place dans sa vie.
Car exactement comme un nouvel objet a besoin d’une place dans la maison, une nouvelle formation a besoin d’une place dans ton agenda.
Or, tout comme nos placards, nos agendas sont souvent déjà bien remplis. Entre le travail, la famille, les obligations du quotidien, les loisirs et les imprévus, nos semaines débordent parfois avant même que nous ayons commencé quelque chose de nouveau.
Si tu n’intègres pas consciemment ton apprentissage de l’anglais à ton quotidien, il risque rapidement de se retrouver relégué au second plan, non pas parce qu’il n’est pas important, mais simplement parce que ton cerveau continue de suivre les habitudes déjà installées.
Quand l’anglais n’a pas encore trouvé sa place
Cette réflexion m’est revenue à plusieurs reprises en accompagnant mes clients dans leur apprentissage de l’anglais.
J’observe parfois une situation paradoxale : certaines personnes investissent dans un cours, une méthode ou un accompagnement parce qu’elles ont vraiment envie de progresser. Elles sont motivées, choisissent une formation adaptée à leurs besoins et disposent souvent de tous les outils nécessaires pour réussir.
Pourtant, quelques semaines plus tard, elles ont l’impression de stagner. Non pas parce que la méthode ne fonctionne pas ni parce qu’elles ne sont pas douées, mais tout simplement parce qu’elles n’ont pas réellement fait de place à cet apprentissage dans leur quotidien.
L’anglais est venu s’ajouter à un agenda déjà bien rempli, sans qu’aucun espace ne lui soit réservé.
Résultat
- Les leçons sont repoussées à plus tard.
- Les révisions passent après les urgences du quotidien.
- Les bonnes intentions sont là, mais le temps manque.
Petit à petit, un sentiment de frustration s’installe.
Certaines personnes commencent à penser qu’elles ne progressent pas assez vite. D’autres se sentent coupables de ne pas utiliser pleinement la formation qu’elles ont achetée. Et parfois, elles finissent même par conclure qu’elles sont « nulles en anglais » ou qu’elles ne sont « pas faites pour les langues ».
C’est particulièrement dommage, car dans la plupart des cas, le problème n’est ni la motivation, ni la méthode. Le problème est simplement que l’apprentissage n’a pas encore trouvé sa place dans leur vie.
Après plusieurs années passées à accompagner des adultes dans l’apprentissage des langues, c’est l’un des constats qui revient le plus souvent. Les personnes qui progressent ne sont pas nécessairement les plus douées, ce sont généralement celles qui ont réussi à trouver une place à leur apprentissage dans leur quotidien: Elles ont réservé du temps pour pratiquer. Elles utilisent régulièrement la langue. Elles osent parler, même lorsqu’elles ne se sentent pas encore prêtes. Et elles bénéficient d’un cadre qui les aide à rester engagées dans la durée.
C’est d’ailleurs l’une des raisons pour lesquelles j’accorde autant d’importance à l’accompagnement. Une méthode, aussi bonne soit-elle, ne suffit pas toujours. Les progrès naissent souvent de la combinaison de plusieurs éléments :
- faire de la place à son apprentissage ;
- pratiquer régulièrement ;
- être accompagné lorsque des difficultés ou des doutes apparaissent.
Et c’est souvent cette combinaison qui fait toute la différence entre une personne qui abandonne après quelques semaines et une autre qui progresse durablement.
Faire de la place concrètement
Faire de la place à l’anglais ne signifie pas forcément bouleverser tout ton agenda ni dégager dix heures par semaine. Cela signifie surtout décider à l’avance où l’anglais va vivre dans ton quotidien.
Tu peux par exemple :
- réserver trois créneaux dans ton agenda ;
- écouter un podcast pendant une promenade ;
- lire quelques pages d’un livre en anglais avant de dormir ;
- participer régulièrement à un cours ou à un groupe de conversation.
Comme un objet que l’on place bien en évidence pour ne pas l’oublier, ton apprentissage a besoin d’être visible dans ton quotidien. Voici quelques astuces:
- Ton agenda peut te rappeler tes moments de pratique.
- Un post-it sur ton bureau peut attirer ton attention.
- Une alarme sur ton téléphone peut t’encourager à prendre quelques minutes pour réviser ou écouter de l’anglais.
- Un livre ou un magazine en anglais posé sur ta table de nuit peut te rappeler de prendre le temps de lire en anglais.
Le support importe peu. L’essentiel est que l’anglais ne reste pas une simple bonne intention, mais qu’il trouve une place concrète et clairement définie dans ton quotidien.

La régularité est plus importante que la motivation
Au cours de ma carrière, j’ai rencontré de nombreuses personnes convaincues qu’elles n’étaient « pas douées pour les langues ». Pourtant, la plupart du temps, le problème n’était pas là. Il n’y a pas besoin d’être un génie, un surdoué ou de posséder une mémoire exceptionnelle : les langues s’acquièrent avant tout grâce à la régularité.
Quelques minutes chaque jour ou plusieurs fois par semaine auront souvent beaucoup plus d’impact qu’une longue séance de temps en temps. Ce sont les petits pas répétés, semaine après semaine, qui finissent par te faire progresser efficacement.
Quelle place vas-tu faire à l’anglais ?
Lorsque tu décides de commencer une formation, d’acheter une méthode ou de reprendre l’apprentissage de l’anglais, pose-toi cette question :
Quelle place vais-je lui faire dans ma vie ?
Apprendre une langue n’est pas seulement une question de motivation ou de méthode., c’est aussi une question d’espace que l’on choisit de lui accorder. Comme les objets qui entrent dans notre maison, les langues ont besoin d’être accueillies. Et lorsqu’on leur fait réellement de la place, elles finissent par prendre naturellement leur place dans notre quotidien.
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Quelle belle introduction que cet article ! Aussi intéressant que clair, il met le doigt sur LA question la plus exigeante (et nécessaire) pour moi: aménager du temps pour apprendre. Je ne l’ai pas encore fait sérieusement jusqu’ici, c’est donc le moment ! Merci pour l’encouragement à apprendre, qui infuse tout le texte. Reflet fidèle de l’enseignante que je suis heureux de suivre et de recommander.
Merci beaucoup pour ton commentaire et pour ta recommendation, René. Tu as déjà fait de la place à l’apprentissage de l’anglais et tu as beaucoup progressé. Bien sûr, on peut toujours en faire plus, mais le plus important c’est d’être content de soi et du chemin parcouru.